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Que se passerait-il si ...
Explorations

Lean and fast

A methodology for business (and other undertakings) efficiency

Business traditionnel


Plan à 3 ans (voire plus ...), business plan de (beaucoup trop de) pages, super-équipe de techniciens, marketeurs, administratifs (etc.), et de conseils extérieurs, entraînant un impressionnant burn rate (rythme de consommation des capitaux apportés par les investisseurs), le moment venu super-conférence de presse avec le hype (exagération) de rigueur, voici enfin le lancement officiel du produit (ou service).

Beaucoup de temps (pendant ce temps, des concurrents s'agitent, la demande du marché a évolué, de nouvelles solutions techniques sont apparues)

Beaucoup d'argent

Beaucoup de risque : on n'a toujours pas, à ce stade, de jugement réaliste sur les usages, les utilisateurs, le marché, etc.

De nombreuses start-up, encore aujourd'hui, fonctionnent de cette façon. Le découpage de l'arrivée des capitaux en "tranches conditionnelles" ne change rien au fond de l'affaire : on pilote une jeune pousse comme si c'était un pétrolier géant, alors qu'il faudrait la manier comme un dériveur en régate.

Projet moderne


En reprenant la méthode appliquée par l'ouvre-boîte :

- Environnement créatif de concurrence / génération d'idées ==> maturation rapide
- Des maquetteurs se saisissent d'une idée ==> maquettage rapide (et peu coûteux)
- Maquettes d'usages : Observer "en vrai" usages, utilisateurs. Dialoguer avec utilisateurs et commentateurs (la maquette est d'origine pourvue des outils de dialogue comme ceux des blogs) sur usages, fonctionnalités ..., susciter et accueillir suggestions commerciales, marketing, RP, techniques. Observer les réactions sur le Web, et réagir (la maquette est d'origine pourvue de RSS et trackback comme ceux des blogs, ou elle est bâtie autour d'un blog).

Parmi les utilisateurs ou commentateurs (locaux ou repérés sur le Net) se trouvent de futurs partenaires pour l'écosystème [*] du projet. A noter que l'écosystème peut croître dès le lancement de la maquette si elle est pourvue de RSS, API ... et accélérer encore l'utilité de la maquette. Parmi ces utilisateurs ou commentateurs, se trouvent aussi de futurs collaborateurs, distributeurs, financiers ...

Toute "bonne" maquette est dès l'origine dotée de RSS et d'API.

[*] Ecosystème : thème abordé à de nombreuses reprises sur ce blog ou sur l'ouvre-boîte (par ex. ici). En bref : un produit ou service bénéficie de l'existence d'autres produits ou services. Les services utilisant le Net peuvent de plus collaborer entre eux (RSS, API, etc.) pour produire plus de valeur et une meilleure existence. En ce qui concerne une maquette, la multiplication et croissance de services "liés", dès la naissance de la maquette, fournit aux initiateurs du projet, et à des investisseurs, une excellente indication de potentiels (d'usages, techniques, commerciaux, financiers) et de la "valeur du projet.

Il est très important de noter qu'une maquette n'a pas besoin d'être parfaite. Par exemple, elle ne présente pas (pas toujours) toutes les fonctionnalités qui seraient jugées intéressantes. Les seuls juges des fonctionnalités, ce sont les utilisateurs. Il vaut mieux présenter moins de fonctionnalités que plus, parce que plus de fonctionnalités :

- c'est plus lent et coûteux à mettre en place
- plus il y a de fonctionnalités, plus il y a de bugs, à court et à long terme
- plus il y a de fonctionnalités, plus le design est difficile
- plus il y en a, plus l'utilisateur s'y perd (bad user experience, dommageable pour le projet) ... et moins il en utilise (cf. l'usage réel des traitements de texte)
- il est beaucoup plus facile pour un utilisateur de réclamer une fonctionnalité (la maquette est d'ailleurs là pour écouter ses suggestions) que de proposer sa suppression (et on peut difficilement compter sur l'équipe maquette pour supprimer une fonctionnalité dont elle est si fière)

La "mécanique" derrière la maquette n'a pas non plus besoin d'être parfaite à la date de lancement de la maquette. Par exemple, pas besoin d'algorithmes ultraperformants. Tant mieux s'ils sont là. L'optimisation (ou le remplacement par une mécanique flambant neuve) viendra ensuite. Et les signaux pour indiquer la nécessité d'améliorer ou changer la mécanique sont déclenchés par l'usage de la maquette. Par exemple, par une montée continue et rapide du nombre d'utilisateurs. Tout ce qu'on demande à une maquette, c'est de "marcher".

Idéation rapide, Maquette rapide, Synthèse rapide : En peu de temps, en ayant peu dépensé, on a tous les éléments de décision pour "la suite" :

- Usages et marchés
- Concurrence
- Fonctionnalités : lesquelles améliorer, créer. Avec, éventuellement, quels outils ou services proposés par les utilisateurs et commentateurs
- Partenaires de l'écosystème, distributeurs, ...
- Etc.

Un projet ayant démontré :
- sa capacité à produire "beaucoup" avec des ressources limitées
- sa validité "en vrai"
- son potentiel d'usages, de marchés, de partenariat
- sa réactivité
... a une valeur intrinsèque importante. Les initiateurs du projet sont en bonne position pour inspirer confiance à des investisseurs, et négocier la valorisation du projet.

Open Business ?


En somme, tout ceci une application aux processus d'innovation et de business de l'adage release early, release often, titre d'un chapitre de The Cathedral and the Bazaar (Eric S. Raymond, technicien, écrivain, prophète et ... parfois provocateur). Dans ce chapitre d'un ouvrage synthétisant une "anatomie du développement d'un logiciel", l'auteur écrivait d'ailleurs aussi : Release early. Release often. And listen to your customers.

Eric S. Raymond défend ardemment les avantages du Open Source, notamment l'incroyable efficacité des boucles cybernétiques (rétroactions) entre développeurs, entre développeurs et utilisateurs, entre utilisateurs. Un business moderne, à ses débuts comme ensuite, devrait sans arrêt installer, entretenir, favoriser toutes sortes de rétroactions. Et les analyser.

Le côté "Open" du business moderne, où pourrait on le trouver ? Dans le processus collectif d'idéation à l'origine d'une maquette. Dans l'ouverture d'esprit et le dialogue public permanent avec les utilisateurs et tous partenaires. Dans la création et le développement de l'écosystème du projet. Dans l'ouverture des usages : foisonnement combinatoire. Dans les processus de matching entre personnes, projets, investisseurs, fournisseurs et autres partenaires. Open Business ? Cela ferait-il un slogan pertinent et enthousiasmant, ou bien son côté provocateur pourrait il provoquer des rejets ?

Le côté Open, on le trouve encore dans les implications stratégiques d'une démarche de projet en environnement ouvert (écosystème). La combinaison de valeurs des services permet un effet long tail : couvrir les besoins personnalisés de la plus petite niche de marché, sans que cela augmente le dimensionnement de la logistique générale.

Nota : cet article aura une suite, traitant des financements rapides pour des projets rapides




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Xavier Maury le 25.03.05 à 05:27 dans Créativité - Lu 5446 fois - Version imprimable
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Commentaires

Tout à fait d'accord !

J'aime beaucoup ce que tu exposes ici ;-)
Attention ! Quelque chose de beau pourrait en sortir !
Je prépare un beau commentaire pour cette note...

Olivier - 25.03.05 à 10:51 - # - Répondre -

Re: Tout à fait d'accord !

Merci d'avance pour le "beau commentaire". Et réserve aussi :-) des "beaux commentaires" pour les articles suivants (3 ou 4) , financement, matching, etc.

Fix - 25.03.05 à 11:31 - # - Répondre -

Open Design

J'avais appelé ça Open Design.

Open Business, c'est la phase d'après, avec marges et comptes de résultat en ligne ;-)

Je plaisante pas, j'ai remarqué que les clients avait souvent de bonnes idées pour augmenter la marge de leur fournisseur...tout en leur apportant plus de valeur.

Stéphane Lee - 25.03.05 à 18:55 - # - Répondre -

Lien croisé

L'ouvre-boîte - Hypertags : "finir ce qu'est T., et si son 'architecture' actuelle permet les évolutions souhaitées. Profiter de l'occasion pour inviter sur l'ouvre-boîte une ou plusieurs personnes intéressantes (ayant par ex. réalisé des trucs). Et par là même définir ce qu'est l'OB :-) 2) Un projet de maquette. 3) Une maquette. Une vraie. Avec le "staffing" nécessaire (voir ici) pour attirer, animer, observer utilisateurs et environnement.4) Suite à la maquette ....Mots clés et tags : Technorati maquette Web Services Valley "

Anonyme - 05.04.05 à 18:42 - # - Répondre -

Questions sur les business open source ouvre boites

Remarques sur le scénario "projet moderne"

1. De "business traditionnel" on passe à "projet moderne": veux-tu dire que dans le second scénario, la finalité "je gagne de l'argent" n'est plus prioritaire et passe au second plan?

Car si la maquette fut développée, améliorée, complétée par de nombreuses personnes, qui, et à quel moment, et avec quelle légitimité, déclarera "cette idée est à moi, je dispose désormais des bénéfices de son exploitation"?

2. Maquettage rapide et peu coûteux:

- Actions: observer, dialoguer, recueillir; cela signifie lire, répondre, classer, suggérer.... En gros ça prend du temps

- Moyens: d'accord, ça ne coûte pas cher techniquement, d'accord, ça ne doit pas nécessairement être parfait, et surtout pas avoir de fonctionnalités trop sophistiquées, mais cela coûte DU TEMPS. A ce chaos organisé, il faut bien un organisateur, un synthétiseur, un modérateur.

- Résultats: oui, on découvre peut être des usages et des marchés. On apprend des trucs sur la concurrence. Mais a-t-on accès à des mesures, à des infos quantifiées? Les données recueillies par ce support peuvent elles etre exploitables et présentables devant un financeur?

3. Les avantages de ce type de projet

- La méthode ouvre boite ou Open Source, permet de soulever des potentiels, dévoiler des possibilités, susciter des partenariats... bref, beaucoup d'idées, de possibles.

- Bon, maintenant, la personne qui s'occupe de trouver les sous pour réaliser le projet doit sonner les financeurs. Tu l'as dit toi-même, il doit DEMONTRER aux financeurs que son projet a plein d'avantages (capacité à produire "beaucoup" avec des ressources limitées, validité "en vrai", potentiel d'usages, de marchés, de partenariat, réactivité)

- Et pour démontrer cela : le wiki du projet suffit-il? N'y manque-t-il pas une étude de marché? Si l'idée est bonne, comment vais-je montrer au financeur qu'elle n'a pas déjà été développée par l'une des centaines de personnes qui ont contribué au projet? Présenter le projet de manière propre : cela ne coute-t-il pas?

gastonmaigny - 05.05.05 à 18:35 - # - Répondre -

Re: Questions sur les business open source ouvre boites

Quelques réponses :
1.
- Il est inenvisageable qu'un projet business ne gagne pas d'argent !
- La répartition des revenus et du patrimoine est un point classique ... et classiquement délicat. En gros, discussions entre associés pour la partie patrimoine (des contributeurs salariés ou fournisseurs pouvant parfois échanger une partie de leur rémunération contre des parts sociales). Reste ... les autres. Classiquement, les consommateurs ou testeurs d'un produit sont remerciés, de façon symbolique ou un peu plus concrète (cadeaux, réductions, etc.).
- L'idée ... une idée n'appartient à personne. Mais la traduction concrète d'une idée (c'est à dire un projet, un business) a un ou des propriétaires, quelle que soit la licence ou le mode de commercilisation / diffusion.
- Pour faciliter le partage et le mûrissement d'idées, il faut créer un environnement de confiance. On y réfléchit pour l'ouvre-boîte. Cet environnement de confiance, sera-ce par exemple un club (association) qui percevra "automatiquement" un % du CA ou un % des parts sociales (ou encore une autre forme de rémunération) pour les projets dont l'idéation (et un peu plus ...) se sera faite au sein du club ?
- Une idée heureuse est une idée qui se réalise, et dont les effets peuvent bénéficier - pourquoi pas - à des milions de personnes. Tout le monde peut se saisir d'une idée pour la réaliser : à vrai dire, les plus rapides, les plus capables, les plus tenaces et travailleurs. Il faut chercher à faire naître non seulement des idées "concrètes", mais de vrais projets. Et un projet, un business, c'est 100 fois (mille fois, etc.) plus de boulot qu'une idée. L'engagement n'est pas le même.

2.
- Bien sûr un maquettage prend du temps, demande une équipe organisée. Mais ce temps est plus court, et la quantité de personnel moindre, que dans une approche traditionnelle.
- Quel est l'investisseur (dont les porteurs de parts du projet) qui croit encore aux études de marché traditionnelles ? Le marché ... vaut toutes les études de marché. La démarche de maquettage vise à aller immédiatement au-devant du marché, en commençant par les usages. Et l'observation des usages (en tout cas, ce qui se passe sur le Net) est aisément quantifiable. Les usages marchands (solvables) peuvent aussi être assez facilement estimés, à partir de questionnaires remplis par des usagers. Il est également assez facile de qualifier (profil) les usagers, en les récompensant de différentes façons. Au total, en pondérant les profils (pour pallier le suréchantillonage des précurseurs), on a un ensemble synthétique de données avec une valeur prédictive raisonnable pour un investisseur. On tient aussi compte des taux de conversion (utilisations gratuites -> payantes) observés dans les services lancés depuis quelques années. Etc. En bref, rien que de la très ordinaire cuisine de préparation d'investissement ...
- Tout cela est facilité si, dès le démarrage de la maquette, on a mis en place des instruments de mesure.
- Aucune méthode, classique ou par maquettage, n'annule le risque inhérent à un projet. La démarche de maquettage permet de minimiser le risque, de prendre plus rapidement les décisions (arrêter - modifier - poursuivre tel quel, etc.).

3.
- Un bon projet n'a pas besoin de centaines de pages de présentation.
- La validité du projet, ce sont 1) les résultats obtenus, 2) plus la présentation d'un avenir. Le 2) est très contingent (ampleur de l'avenir prévu / voulu, etc.). S'agit il de réunir 100 k, 1 M, 100 M d'euros ? Dispose t'on d'une équipe de management ? Etc.
- La "démonstration" de la méthode de maquettage porte sur les résultats obtenus. Pour le reste, il s'agit de business / financement as usual : convaincre des hiérarchies (projet interne à une organisation), réunir des partenaires financiers (projet "start up").
- Il est probable que des projets menés en maquettage rapide, donc moins coûteux, soient plus aisément finançables pour ce qui est de la maquette d'usages. Cela permettrait aussi l'accès à de "plus petites" catégories d'investisseurs, eux même plus prompts à se décider. Au lieu d'un projet classique (à résultats comparables) à 2 M de dépenses, on aurait une maquette à, par exemple, 200 k.  2 M et (par exemple) 3 ans, contre 200 k et 6 mois, diminution du risque, augmentation de la valeur, transparence (info en continu sur la maquette) : cela peut convaincre de "petits" investisseurs (angels, par ex.) d'investir rapidement. Beaucoup plus rapidement que des VC.

Fix - 05.05.05 à 20:31 - # - Répondre -

Lien croisé

L'ouvre-boîte - 36Trucs vs 43Things : "disponibles. Ressources de développement technique, ressources humaines pour observer les usages, etc.Participer au" rel="nofollow"

Anonyme - 21.10.06 à 20:32 - # - Répondre -

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